Mammifères introduits : une nouvelle mission à Amsterdam

Dates de signalement d’animaux introduits sur l’île Amsterdam d’après Micol, 1987 et archives locales © Corentin OLLIVE
Lorien BOUJOT (gauche) et Baudouin DES MONSTIERS (droite), agents de la Réserve Naturelle © Thomas GOISQUE
Capture d'un rat © Thomas GOISQUE
Mise en ligne : 
18/01/2018
A l'occasion de la 3e opération portuaire 2017 du Marion Dufresne, au mois de novembre, 13 nouveaux hivernants nous ont rejoints le temps de la campagne d'été ou d'un hivernage, qui sont marqués cette année par l'installation d'une nouvelle mission à Amsterdam. Je vous propose donc de vous présenter Lorien BOUJOT, agent de la Réserve Naturelle en charge pendant un an du suivi des mammifères introduits sur Amsterdam en vue de leur éradication.

L'impact de la faune introduite dans les milieux insulaires, sous toutes les latitudes, n'est plus à démontrer : prédation, abroutissement, piétinement, réservoirs de pathogènes, etc.
L'île d'Amsterdam n'échappe pas à cette situation. Trois espèces de mammifères encore présentes y ont été introduites par l'homme.
Le chat tout d'abord, est probablement responsable de la disparition de certaines espèces d'oiseaux et pourrait être une menace pour les espèces encore nicheuses.

La souris domestique quant à elle a été observée se nourrissant de graines de Phylica arborea, seule espèce arborescente native des TAAF, qui bénéficie d'un programme de restauration avec notamment une pépinière de plusieurs milliers de plants mobilisant un agent à temps complet.
Enfin, le rat surmulot est suspecté d'être un réservoir de la bactérie Pasteurella multocida responsable du choléra aviaire. Cette maladie décime ces dernières années les poussins d'albatros à bec jaune Thalassarque carteri, dont les deux tiers de la population mondiale niche dans les falaises d'Entrecasteaux.
Un des objectifs principaux du prochain plan de gestion de la Réserve naturelle est donc d'envisager l'éradication simultanée sur Amsterdam du rat surmulot, de la souris domestique et du chat haret (chat domestique retourné à l'état sauvage).
Premier hivernant mammifères introduits sur Amsterdam, j'ai été recruté pour travailler sur cette thématique pendant un an sur le district ; signe de la prise en compte importante par la réserve naturelle des Terres Australes Françaises de cet objectif de gestion ambitieux. Pour m'aider dans la mise en place des protocoles de suivi, je travaillerai jusqu'à OP4 avec Baudouin des Monstiers, chargé d'étude « mammifères introduits » pour la réserve au siège des TAAF.
Garde au Parc national de La Réunion depuis 8 ans, je suis régulièrement impliqué dans des actions de limitation du chat et de dératisation. Au-delà de l'aventure personnelle et humaine évidente que représente pour moi cet hivernage, je suis très heureux de pouvoir participer et mettre à profit mon expérience en faveur de ce projet de conservation d'envergure.
Dans la pratique, il est préalablement indispensable à une action d'éradication d'avoir une connaissance fine de la répartition et des abondances des espèces visées afin de mettre en place des actions ciblées et adaptées aux spécificités du terrain.
Pour obtenir ces informations, je vais mettre en œuvre sur toute l'île différents protocoles d'estimation d'abondance des rongeurs : capture-marquage-recapture, lignes de piégeages. Pour les chats, l'amélioration des connaissances va passer par la pose de pièges-photo et la recherche d'indices de présence telles que les fèces.
En complément, des prélèvements sur les rats échantillonnés sur l'ensemble de l'île seront réalisés pour démontrer leur rôle en tant que réservoir et vecteur de la bactérie Pasteurella multocida.

Lorien BOUJOT
Agent de la Réserve Naturelle – mammifères introduits
 

 

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