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Présentation - Les grandes missions
Les grandes missions des réserves naturelles


Parmi tous les milieux protégés par les réserves naturelles, les forêts, les lacs, étangs et mares d'eau douce sont les mieux représentés avec les landes et fourrés. La forêt tropicale est notamment bien représentée avec deux réserves guyanaise représentant 176 000 ha. Plus des deux tiers des habitats d'intérêt communautaire inscrits à la Directive européenne " Habitats-Faune-Flore".

Des invertébrés aux mammifères, le réseau des réserves est riche de plus de 320 espèces protégées. Elles préservent ainsi 80 % de la population de Phoque veau-marin (Phoca vitulina) et un quart de la population de Bouquetin des Alpes (Capra ibex). Le réseau des réserves est également d'une grande importance pour la préservation des espèces d'oiseaux menacés et nicheurs de France. Elles accueillent notamment plus de la moitié de la population française nicheuse de Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) et la seule colonie française de Fous de Bassan (Morus bassanus) à la RN des Sept-îles (22).
Les amphibiens jouissent du plus fort taux de présence dans les réserves puisque 85 % d'entre eux peuvent y être observés. Citons, parmi les espèces endémiques, l'Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper) présent dans la RN de Nohèdes (66) ou l'Euprocte de Corse (Euproctus montanus) à Scandola (20 A).
Les réserves hébergent 32 des 35 espèces régulières de reptiles de France métropolitaine. Outre-mer, la RN de l'Amana en Guyane permet de protéger le plus important site de ponte de la Tortue luth (Dermochelys coriacea) connu dans le monde.

Grâce à la diversité des milieux présents dans les réserves naturelles, celles-ci préservent de nombreuses stations végétales remarquables. Sur 676 taxons regroupant des espèces protégées ou menacées en France, plus d'un quart est représenté dans les réserves. Les espèces les mieux représentées en proportion de leur répartition sont les espèces de zones humides et notamment celles inféodées aux tourbières comme le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia), présent dans plus de dix réserves naturelles.
Certaines réserves protègent aussi des stations d'espèces endémiques comme celle de la Linaire à feuilles de thym Linaria thymifolia, dans la Réserve Naturelle du Courant d'Huchet (40). Cependant, moins de 7 % des espèces endémiques et menacées de France sont présents dans les réserves. Parmi ces raretés, signalons la seule station mondiale de Corbeille d'Argent des Pyrénées (Hormatophylla pyrenaica) dans la Réserve Naturelle de Nohèdes (66). De même, la Fougère à poils rudes (Marsilea strigosa) et l'Isoète grêle (Isoetes setacea) trouvent dans la réserve naturelle de Roque-Haute les conditions uniques de leur développement.
On trouve 145 espèces protégées dans les réserves naturelles parmi les 429 que compte la flore française. Parmi celles-ci, l'Œuillet superbe Dianthus superbus qui s'épanouit particulièrement bien dans la Réserve Naturelle du Lac de Remoray (25).

28 réserves naturelles ont été créées pour protéger un patrimoine géologique remarquable. La plupart d'entre elles présentent un intérêt paléontologique, six correspondent à un stratotype. Mais dans le réseau des réserves naturelles, une bonne trentaine de sites montre un intérêt géologique même si le patrimoine biologique y est plus remarquable. Ainsi, ce sont près de 800 millions d'années de la mémoire de la Terre que l'on peut lire dans les réserves naturelles de France.
Liens avec des sites webs créés par des réserves naturelles géologiques :

  • Réserve naturelle Géologique de Haute-Provence et les réserves naturelles géologiques en France
  • Réserve naturelle Géologique d'Hettange-Grande

Très tôt, il est apparu que la protection juridique ne suffisait pas à assurer la pérennité du patrimoine et qu'il fallait également agir sur les milieux naturels, selon des orientations et des techniques adaptées. Les réserves naturelles élaborent un document de planification pour 5 ans : le plan de gestion. Celui-ci prévoit les objectifs et les moyens à mettre en œuvre sur le terrain afin d'entretenir ou de restaurer les milieux. Il est rédigé par l'organisme gestionnaire puis approuvé par le comité consultatif.
Ce document comporte l'état initial du patrimoine et les objectifs de conservation. Il présente de façon spatialisée le programme d'actions nécessaires à la conservation ou la restauration du patrimoine pour une période de 5 ans. Il arrête les moyens à mettre en œuvre, les prévisions budgétaires, les modes d'évaluation des résultats obtenus. Il fait l'objet d'une concertation locale.
Selon le type de milieu et le patrimoine naturel présents dans une réserve naturelle, le type de gestion peut bien sûr varier beaucoup. Il va de la non-intervention comme à la Réserve Naturelle de la Tourbière du Venec (Finistère) à la reconstitution d'anciens milieux comme l'opération de renaturation d'un ruisseau à méandres à la Réserve Naturelle du Lac de Remoray (Doubs).

L'organisation de visites et de stages, ou la réalisation d'équipements adaptés, facilitent l'accueil des chercheurs, des groupes scolaires et du grand public dans les réserves naturelles. Cet accueil est organisé chaque fois qu'il s'avère compatible avec l'objectif prioritaire de protection du milieu et avec les activités (agriculture, suivi scientifique...) qui y sont exercées.
La connaissance du patrimoine naturel par le plus grand nombre est une des conditions de sa sauvegarde. Les réserves naturelles sont par excellence des lieux où cette connaissance peut se développer. Elles sont la plupart du temps ouvertes au public et accueillent près de quatre millions de visiteurs par an. Beaucoup de réserves naturelles disposent d'un centre d'accueil ouvert une grande partie de l'année. Pour bénéficier pleinement de votre visite dans une réserve, il est préférable de téléphoner avant au responsable de la réserve. Vous serez ainsi bien informés de ce que vous pourrez découvrir et des animations ou stages proposés. Certaines réserves naturelles possèdent des aménagements adaptés aux personnes à mobilité réduite et aux mal voyants.
Comme pour la gestion des milieux naturels, le gestionnaire peut réaliser un plan d'interprétation qui recense pour cinq ans l'ensemble des opérations liées à l'éducation à l'environnement dans la réserve naturelle : animations, équipements d'accueil, etc.



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